14 octobre 2006
HISTORIQUE
On ne sait pas très bien ce qui a donné son nom à la commune. On sait seulement que le duc de Normandie Richard II fit don à sa fiancée du domaine dont Benoistville faisait partie. Au siècle suivant, il fut cédé à l'abbaye de Montebourg qui la céda à Richard d'ANGERVILLE.
Pendant la guerre de cent ans Benoistville se divisait en trois fiefs : La Haule, Moulin à l'Abbé, La Maison.
Des anciennes demeures seigneuriales ne subsiste que la "La Maison", propriété de la famille Thiébot; la façade porte l'empreinte de la fin de la renaissance.
Au siècle dernier plusieurs moulins seront encore en service dont la Fétacherie - Bouillon qui sera transformée en laiterie en 1904, celui de l'Eglise sera transformé en teinturerie et le moulin Piquet se verra accolé d'une usine électrique en 1908.
En 1906, aux Pieux un projet d' éclairage public des bâtiments, rues et places est mis à l' étude, la commune des Pieux avait acheté une chute d'eau à proximité du moulin Piquet à Benoistville pour y construire l'usine. L'inauguration des installations donna lieu à de grandes réjouissances organisées par le comité des fêtes en 1908.
Le 19 juin 1944, les Allemands feront sauter le pont sur la grande route ainsi que la passerelle qui permettait de passer à pied pour éviter le gué.
Le vieux moulin à côté du pont sera complètement détruit. Tout le village sera noyé, les habitants essaieront de canaliser la rivière sans succès. Les américains interviendront par deux fois avec d’importants moyens, mais le résultat ne sera jamais satisfaisant et à la moindre crue, la rivière débordera et les maisons seront noyées.
Les ponts et chaussées referont le pont en béton sans couper la route, en creusant au dessous.
L’église subira des dégâts importants (ainsi que les maisons environnantes). Les vitraux, la nef et la toiture seront à refaire.
L’abbé Larose curé de la paroisse et homme d’action, ne tardera pas à mobiliser les habitants, fera jouer ses relations pour trouver les matériaux, très rares tout de suite après la guerre tels que plâtre, briques et ciment. Les travaux de rénovations ne traineront pas, la voûte de la nef qui etait en bois ornée d’écussons et d’amoiries était en partie détruite sera refaite en plâtre, les murs seront également enduits de plâtre imitant la pierre.
Le moulin de l’église qui fut détruit en 1944 avait été transformé en teinturerie. On y teignait les écheveaux de laine du pays. Un séchoir fur construit au bout de la maison en face de l’église. Il s’agissait de lames de bois que l’on manoeuvrait par travées pour créer les courants d’air nécessaires au sèchage.
Benoistville comptait autrefois plusieurs commerces et artisans, 3 cafés épicerie, 1 café, un forgeron, 2 maçons, 1 bourrelier, 1 mécanicien et 3 menuisiers charpentiers charrons.
Textes, photos et archives : Gilbert Brisset
18 octobre 2006
LA LAITERIE
Une crise frappant la vente du beurre français, les exportations ont considérablement baissé, en particulier celles de la Manche conccurencées par les beurres étrangers . Ces circonstances poussèrent ( sous l’impulsion de Mr Sorel de Grosville ) un certain nombre de cultivateurs à créer une coopérative laitière.
Le 23 novembre 1903, une réunion aura lieu sous les auspices du S.A.M ( syndicat agricoles de la Manche ). Sollicité à l’issue de cette réunion Mr Charles Milcent se chargera d’une mission près des coopératives de Charentes récemment constituées.
Il regroupa autour de lui une cinquantaine de cultivateurs qui constituèrent par la suite le noyau de la coopérative. Les statuts furent adoptés et servirent de modèle aux autres coopératives. La première coopérative laitière de Normandie voyait le jour à Benoistville. Un vieux moulin ( de Bouillon ) retint le choix des administrateurs. Il fut transformé en très peu de temps et le 2 décembre 1904, la laiterie se trouva en état de fonctionner.

en 1904 – 126 coopérateurs
en 1909 – 585 coopérateurs
en 1913 – 613 coopérateurs
Au concours général de Paris, le beurre de Benoistville se classera premier avec une sérieuse avance sur ses concurrents charentais. Dans les années qui suivirent, plusieurs médailles d’or lui seront décernées.
Le lait écrémé était rendu aux producteurs pour l'élevage. Une clause des statuts assurait le bétail contre la mortalité.
Une cariole portait le beurre à la gare de Couville. Le ramassage se faisait par des voitures à chevaux puis progressivement par des camions dans des bidons de 20 litres en fer étamé qui pesaient. (7 Kg). Ils furent remplacés des années plus tard par de plus légers en aluminium et d'un poids de 3 Kg.
La guerre de 1914-1918 entraînera un ralentissement de l’activité et modifiera profondément son fonctionnement et son caractère de coopérative car elle fut confiée a un industriel M.Grillard. La progression reprendra après la guerre pour atteindre:
En 1939 : 566 coopérateurs
En 1949 : 603 coopérateurs
En 1956 : 800 coopérateurs
Elle ne trouvera sa forme de coopérative qu’en 1949.
Elle n’aura jamais cessé de s’adapter et de se moderniser, mais en 1949 de nouveaux travaux s’imposeront en raison de la quantité toujours croissante du nombre de litres de lait collectés :
2 300 000 litres en 1905
7 000 000 litres en 1949
Sous l’impulsion de son nouveau président Mr René Thiébot, le conseil d’administration décidera de l’agrandissement de la laiterie. Une demande de permis de construire sera accordée en 1950, assortie de certaines recommandations concernant le respect de l’environnement et de la qualité de l’eau servant à la fabrication du beurre.
Sur ce dernier point, il n’y avait aucun problème car la source à côté de l’usine était de parfaite qualité.
La laiterie étant limitée par la route d'un côté et de l’autre par la rivière, l’extension ne pouvait se faire qu’en hauteur. Une surélévation fut entreprise, tâche difficile, car l’activité ne pouvait s’arrêter, il fallut donc procéder par étapes.
Les travaux furent terminés en 1954 et le 4 septembre de cette même année eut lieu le 50ème anniversaire de la coopération laitière. Un banquet organisé à Diélette réunit toutes les autorités départementales et nationales.
Le matériel de plus en plus performant permettra de traiter chaque jour en période de pointe 40 000 litres de lait en 2 heures.
TEXTE - PHOTOS -ARCHIVES : GILBERT BRISSET
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QUE DEVIENT LA LAITERIE ?
En 2004 c'est une nouvelle destinée pour ce bâtiment industriel comme M.et Mme Couppey, nouveaux propriétaires ont bien voulu l'expliquer :
" L'acquisition de la Laiterie représente un aboutissement. Depuis de longues années, nous sommes à la recherche d'un bâtiment de type industriel afin d'y loger notre grande famille.
Etant tous très attachés à notre région, c'est une vraie chance de pouvoir réaliser ce projet sur la commune de Benoistville.
Nous allons essayer de conserver toute l'authenticité du bâtiment et de respecter son environnement, de garder le cachet de la maison et du très beau jardin attenant."























